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samedi 27 décembre 2008

La disparue de Noël, Anne Perry

La disparue de Noël fait partie de la Série de Noël qui met en scène des personnages secondaires des enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt. Ici, il s'agit de Lady Vespasia Cumming-Gould (Tante Vespasia) que l'on côtoie dans sa jeunesse...

L'histoire: Isobel, lors d'une soirée chez des amis, fait une remarque acerbe à l'une des invitées, Gwendolen, sous-entendant qu'elle serait intéressée par la fortune de son futur fiancé, également présent. Cette remarque consterne l'assemblée et, au petit matin, on retrouve Gwendolen noyée. Pour éviter le scandale et la mise à l'écart d'Isobel, on lui propose un voyage expiatoire, comme au Moyen-Âge, qui la conduira chez la mère de Gwendolen. Elle devra alors avouer sa faute et porter à la mère de la défunte la lettre que celle ci a laissé, avant son suicide. Pour épauler Isobel, Lady Vespasia se propose alors de l'accompagner au cours de ce périple qui les mènera en Ecosse...

Ce roman permet de retrouver avec plaisir Lady Vespasia mais en beaucoup plus jeune! Le personnage n'a pas changé... Cependant, il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier mais plutôt d'un roman qui nous dépeint l'hypocrisie de la bonne société victorienne qui n'hésiterait pas à ostraciser une jeune femme pour une remarque maladroite. Il s'agit d'une sorte de périple en Ecosse, dans le froid, qui nous éclaire sur les personnages et nous permet de passer du bon temps. Un livre fin qui se lit vite. Rien d'extraordinaire, pas tellement de suspens, mais un moment sympathique...

jeudi 11 décembre 2008

Gatsby Le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald

L'histoire : Nick Carraway rencontre un jour son étrange voisin, Jay Gatsby, grand organisateur de fêtes dans des Etats-Unis des années 20, envahis par le jazz et la fête. Nick est le seul à montrer une certaine lucidité face à Gatsby qu'il côtoie, fasciné par son passé mystérieux

Gatsby Le Magnifique est un roman qui restitue parfaitement l'ambiance des années 20, opulente, insouciante. Le personnage de Gatsby est plein de mystères et j'ai été fascinée par lui tout au long du roman. On se demande ce qu'il fait là et qui il est réellement. C'est personnage triste, en parfait contraste avec les fêtes à répétition qu'il donne à son domicile. J'ai aimé aussi l'écriture de Scott Fitzgerald, simple, forte. Malgré l'apparente insouciance du roman, l'apparence lisse des personnages, j'ai trouvé que ce roman dressait un portrait tout à fait triste de la bourgeoisie de l'époque, sans compter la fin dramatique. Je n'en dis pas plus, en tant que lectrice, je n'aime pas trop en savoir sur un roman... En tout cas, je vous le recommande chaudement pour pénétrer cette Amérique folle.

samedi 6 décembre 2008

Confessions d'une accro du shopping, Sophie Kinsella

Confessions d'une accro du shopping est un des rares romans qui m'a fait m'esclaffer de rire dans mon lit!


L'histoire : Becky est une acheteuse compulsive, totalement accroc au shopping! Elle veut toutes les nouveautés, achète parfois des choses qui lui sont inutiles... Son autre problème, c'est qu'elle est journaliste dans un journal économique où elle s'ennuie mortellement! Becky passe son temps à tout cacher à son banquier et à sa colocataire qui est aussi sa meilleure amie : elle invite tout le temps des excuses bidons pour tenter de se sortir de ses gaffes et de ses dépenses intempestives! Sa vie va prendre un nouveau tournant lorsqu'elle va rencontrer un brillant homme d'affaires, Luke Brandon...



Bien sûr, c'est un bouquin qu'il ne faut pas prendre au premier degré! Becky est une caricature des jeunes femmes urbaines d'aujourd'hui, un brin frivolles mais pas totalement niaises. On se reconnaît parfois dans ses gaffes et ses folies en matière de shopping, même si elle pousse le bouchon beaucoup trop loin. Becky est attachante, énervante, agaçante... mais elle nous fait bien rire durant ce roman! Et c'est tout ce qui compte...

lundi 1 décembre 2008

L'invitée, Simone de Beauvoir


L'histoire : C'est l'histoire d'un ménage à trois entre Pierre et Françoise (le coupe d'intellectuels) et Xavière, une jeune femme qu'ils prennent sous leur aile. Françoise accepte de partager Pierre mais le vit finalement assez mal et se révèle extrêmement jalouse. Xavière oscille entre les deux, inconstante, naïve voire manipulée., mais aussi manipulatrice. Tout cela dans un contexte d'intellectuels, de dramaturges et d'acteurs, dans un Paris marqué par l'Occupation.



Ce roman traite d'un ménage à trois, mais il n'y a rien de glauque! Il y a des sentiments, des rivalités... Françoise, tout comme le personnage principal dans La femme rompue, se révèle incapable de partager Pierre alors qu'elle ne supporte pas sa propre jalousie. C'est un roman qui m'a mise mal à l'aise, pas à cause de sa thématique, mais à cause de l'ambiance. J'ai oscillé à chaque lecture entre ennui et intérêt, continuant malgré moi ce roman, pour comprendre les 3 personnages. Pierre et Françoise se révèlent assez malsains dans leur façon de manipuler Xavière, cette fille qui s'avère bien plus calculatrice qu'il n'y paraît. Comme toujours, Simone de Beauvoir excelle dans l'appréhension de la psychologie des personnages et s'avère à nouveau scandaleuse dans ce roman publié en 1943.

vendredi 28 novembre 2008

Deux jours à tuer, François d'Epenoux

L'histoire : A 42 ans, Antoine décide de tout larguer. Il quitte sa femme, se fait détester de ses enfants, de ses amis, casse tout autour de lui... Bref, il se donne 2 jours pour tout foutre en l'air... Pourtant, tout semble lui sourire dans la vie... Que lui arrive-t-il? Pourquoi change-t-il d'un coup? Personne ne comprend autour de lui...


Je ne vous en dis pas plus car il s'agit d'un roman assez court et je ne veux pas vous dévoiler la fin, cela enlèverait tout l'intérêt du livre. C'est un roman qui m'a pas mal bouleversée: l'écriture est touchante, violente, blessante... et les émotions d'Antoine destructrices. Quelque part, il fait tout ce dont on rêve : oser dire tout haut ce qu'il pense et tout balancer pour changer, pour vivre réellement au lieu d'être contraint par les contingences quotidiennes... Mais en même temps, il y a quelque chose de malsain chez Antoine dans ses réactions, il va loin et m'a pas mal dégoûtée. Cette violence me semble très réaliste, elle transmet tout à fait les réactions du personnage. Une petite déception, de ma part, dans la vraisemblance : le comportement de Marion, surtout à la fin... La dialogue entre les deux femmes me paraît un peu trop factice, trop facile, trop tout! Ou alors c'est l'égoïsme d'Antoine (ou son courage?) que je ne digère pas...


Un roman qui vaut le coup d'être lu si on est adepte des sensations fortes. Bien sûr, si l'on cherche, on devine un peu les raisons du comportement d'Antoine mais autant se laisser balader par le personnage et suivre son cheminement personnel. Ensuite, le choc est rude!


Un film a été tiré de ce roman, réalisé par Jean Becker, avec Albert Dupontel dans le rôle d'Antoine.

mardi 25 novembre 2008

Can you keep a secret? (Les petits secrets d'Emma) de Sophie Kinsella




L'histoire : Emma est une gaffeuse et rate la première mission que son employeur lui confie. Dans l'avion, l'hôtesse lui propose de la surclasser et elle accepte, pensant que, pour une fois, elle a de la chance. Mais l'avion subit de fortes turbulences et Emma n'est pas très rassurée en avion. Dans la panique, elle raconte, sans s'arrêter tous ses petits secrets, à son voisin, un Américain, du genre "j'ai menti sur mon CV," "je m'ennuie avec mon petit ami Connor et je lui ai fait croire que j'aimais le jazz," "j'ai perdu ma virginité pendant que mes parents regardaient Ben Hur dans le salon"... Bref, elle raconte tout et n'importe quoi la concernant. Puis l'avion se pose sans problème et Emma, qui croyait mourir, se trouve un peu bête et reprend le cours de sa vie. Jusqu'à ce qu'on annonce, dans l'entreprise où elle travaillle, la visite du "big boss", un multimillionnaire américain, une légende du marketing... Aïe!


Bien sûr, Can you keep a secret? n'est pas le roman de l'année et je ne m'attendais pas à ça. J'ai passé un très bon moment, j'ai pas mal souri devant les maladresses d'Emma mais j'ai été assez déçue en fait. Autant je pouvais me reconnaître dans Becky, l'accroc du shopping, autant là, c'est plus difficile... à moins d'être une menteuse invétérée! J'ai également beaucoup moins ri que ce que je croyais et je trouve que la tram est assez convenue, digne d'un Harlequin : ils s'aiment dès le début mais quelque chose les sépare et ils se retrouvent une fois le malentendu résolu... Un peu facile!


Bref, c'est un roman sympathique, avec lequel on passe un bon moment! Mais j'ai vraiment préférée la série Confessions d'une accroc du shopping qui m'a semblée plus originale et plus drôle.

lundi 24 novembre 2008

Raison et sentiments, Jane Austen

Raison et sentiments est sans conteste un de mes romans préférés!


L'histoire: Mrs Dashwood et ses trois filles, après la mort de son mari, est contrainte de réduire son train de vie et de s'exiler à la campagne, alors que son beau-fils s'installe dans la demeure familiale. Elles bénéficient de la bonté d'un parent et de sa belle-mère. Les deux filles aînées ont l'âge de se marier et cela est rendu difficile par l'absence d'une dot conséquente. De plus, il est hors de question de les obliger à faire un mariage forcé. Elinor, l'aînée, raisonnable et posée, tombe alors amoureuse du frère de son horrible belle-soeur, Edward Ferrars, qui ne peut pourtant lui déclarer ses sentiments. Marianne, fougueuse et entière, tombe sous le charme de Mr. Willoughby alors que le Colonel Brandon, un ami de la famille, est très attaché à elle. Cependant, alors que Mr. Willoughby semble partager les sentiments de Marianne, celui ci va fuir les Dashwood et abandonner la jeune femme qui va sombrer tantôt dans la tristesse, tantôt dans la colère...


Ce roman est superbe tant par l'ambiance qu'il installe que par la finesse de la psychologie des personnages. Elinor et Marianne ont des personnalités très différentes, une incarnant la raison et l'autre les sentiments... Chacune vit sa déception amoureuse, sa tristesse à sa manière, sans pour autant comprendre la réaction de l'autre. On a ici une famille attachante, soumise à des règles pesantes quant au mariage et aux relations hommes-femmes. La belle mère de leur cousin est également un personnage sublime, grotesque et plein de générosité!


Je vous conseille également si vous ne l'avez pas vu le film d'Ang Lee qui colle parfaitement au roman. avec notamment Emma Thomson, Kate Winslet et Hugh Grant. Je l'ai lu après avoir vu et revu le livre et je n'ai pas été déçue du tout (ce qui est pourtant souvent le cas avec les adaptations...). Le film a reçu l'Ours d'Or du meilleur film ainsi que le Golden Globe Award du meilleur film dramatique et du meilleur scénario.

vendredi 21 novembre 2008

Le petit sauvage, Alexandre Jardin

Le petit sauvage est sans conteste mon roman préféré parmi les ouvrages d'Alexandre Jardin!

L'histoire: Alexandre Eiffel découvre un jour qu'il ne ressemble pas à l'enfant qu'il a été, auquel son père répétait souvent "Le petit sauvage, tu es un fou!". Il a l'impression, à 38 ans, de s'être empaté, de se laisser aller dans sa vie misérable... Il quitte sa femme, rachète la maison de son enfance et, avec Manon, sa voisine, joue à l'enfant. Mais un adulte qui joue à l'enfant se fait rattraper rapidement par la réalité...


Cela a l'air bien léger, au premier abord. Un adulte qui joue à l'enfant, un enfant qui joue à l'adulte... Il grimpe dans les arbres, revit ses souvenirs... Mais on finit le roman en pleurant, comme quoi, c'est bien moins léger que ce qu'on pourrait croire au premier abord! L'auteur nous encourage à réfléchir sur notre vie et à savoir si l'enfant qu'on a été serait fier de nous. Une remise en question profonde via un roman enjoué. Le personnage est attachant, l'auteur nous entraîne totalement dans les excentricités d'Alexandre Eiffel et nous y fait adhérer totalement.Le style est celui d'Alexandre Jardin : simple, clair, excentrique par moment, intelligent. Un vrai plaisir...

Bref, c'est un roman original dont je ne me lasse pas! Une de mes lectures favorites!

mercredi 19 novembre 2008

Qui j'ose aimer, Hervé Bazin


Qui j'ose aimer
est définitivement l'histoire d'une lignée de femmes. Une histoire compliquée et qui se perpétue...

L'histoire: A "La Fouve", Isa a grandi avec sa mère, l'employée de maison bretonne et sa petite soeur handicapée, sans homme. Mais sa mère présente un jour son nouveau mari qui va devoir trouver sa place au milieu de ces femmes, dans la campagne nantaise. La réprobation du voisinage, l'ambiguïté des relations entre Isa et son beau-père, la maladie de la mère vont provoquer de nombreux drames dans la vie de ces femmes.


Un très très beau roman sur une lignée de femmes courageuses, libres, fières qui se débrouillent toujours sans homme. Etonnant que ce roman ait été écrit par un homme... J'ai aimé la liberté d'Isa ainsi que son audace, les paysages d'une région que je connais bien, le style franc, vrai et tendre. Une belle histoire qui mêle la tourmente familiale sur fonds de réprobation sociale. Hervé Bazin est connu pour ses romans sur la famille et il montre, dans cet ouvrage, une grande habilité à décrire la psychologie des personnages, sans jamais juger et avec beaucoup de douceur et de justesse. J'ai été d'abord attirée par le titre de ce roman, peu commun, et j'ai vraiment apprécié cette lecture.

lundi 17 novembre 2008

Entre Harry Potter et Oliver Twist : Une seconde avant Noël, Romain Sardou


Une seconde avant Noël
est, vous l'aurez deviné, un conte de Noël qui a pour toile de fond Cokecuttle, une cité industrielle, en 1851 (d'où l'inspiration dickensienne) et pour personnage principal, Harold Gui, promis à d'extraordinaires aventures peuplées de lutins, d'esprits, de rennes volants (d'où le côté Harry Potter).

L'histoire : Harold Gui est un orphelin de 9 ans qui vit dans les rues de Cokecuttle pour échapper à l'horrible workhouse gérée par Mrs Parrott. Il va se retrouver accusé de vol, de meurtre et va être envoyé dans une ferme de redressement en Ecosse, gérée par le frère de Mrs Parrott. Il va alors découvrir un monde qu'il croyait disparu depuis longtemps, un monde magique, et, guidé par les lutins, Harold va devoir accepter son destin extraordinaire : sauver l'esprit de Noël et en faire une fête dédiée aux enfants. Et je ne vous dis pas comment...


Le lecteur ne doit pas être trop à cheval sur la vraisemblance, mais bon, c'est le propre d'un conte de Noël, tout est permis! Le récit n'est pas dépourvu d'humour, le narrateur s'adresse directement au lecteur, ce qui crée une certaine complicité et qui nous tient en haleine. Harold Gui est un personnage attachant qui tente de faire le bien autour de lui et qui se retrouve dans une réalité pleine de lutins adorables, de rennes volants, de cadeaux scintillants... Un peu de douceur dans ce monde de brutes, ça ne fait pas de mal ;).

Un joli conte de Noël à mettre entre toutes les mains en cette mi-novembre, pour se mettre dans l'ambiance...

vendredi 14 novembre 2008

La femme rompue, S. de Beauvoir


La femme rompue est à la fois une nouvelle et un recueil. On le devine, Simone de Beauvoir ici parle de femmes. Elle nous offre trois nouvelles sur 3 femmes en souffrance : "L'Âge de la discrétion", "Monologue" et "La femme rompue".

L'histoire:

Dans "L'Âge de la discrétion", une femme remet en cause sa vie, son mariage face aux choix de vie de son fils adulte.

"Monologue" dresse le portrait d'une femme en pleine crise d'hystérie, violente qui essaie de s'affirmer en tant que mère.

"La femme rompue" évoque Monique, femme intellectuelle et libérée, qui découvre l'adultère de son mari. Bobos, tous les deux ont toujours évolué l'un à côté de l'autre, souriant de la crispation bourgeoise des autres, s'affirmant comme libres... Et ces convictions se heurtent à la jalousie de Monique qui, finalement, s'avère possessive, humaine... mais à l'encontre de ses valeurs.

Ces nouvelles m'ont beaucoup touchée mais c'est surtout "La femme rompue" qui m'a totalement bouleversée.

Monique a vécu toute sa vie suivant ses valeurs et ses désirs mais elle perd totalement pied lorsqu'elle découvre que son mari la trompe. Elle passe par toutes les étapes: la relativisation (ce n'est qu'une passade, c'est moi qu'il aime), la jalousie (elle fouille ses poches), l'hystérie... Elle se révèle une femme bien à l'encontre de ses principes, de son code de vie. Cet ouvrage parle de femmes et il en parle bien. On ne peut qu'être touché. C'est un livre féministe, oui, mais bien loin des clichés de femmes hystériques prêtes à tout pour écraser les hommes. C'est un livre féministe, qui rend hommage aux femmes et montre que l'on peut être une intellectuelle et être en proie à la passion et à une jalousie dévorante, que les sentiments ne se commandent pas. Monique ne vire jamais dans le pathos, elle est sublime d'humanité tout le long. Une humanité qui m'a bouleversée sans doute par la vérité du récit, son réalisme.

Ce livre fait vraiment partie de mes ouvrages préférés. Les 3 nouvelles sont de sublimes portraits de femmes bien que "Monologue" notamment soit assez "fleuri" (je ne vous en dis pas plus!). Bref, trois beaux textes à mettre entre toutes les mains, masculines et féminines.

Notes